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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 20:35

APPRENEZ A PILOTER DES HÉLICOPTÈRES
( 2ème partie )

 

Dans le premier article de cette série, nous avons enseigné à nos apprentis pilotes l'art de réaliser de "petits bonds" de 10 cm de hauteur avec leur hélicoptère. J'espère qu'il auront pu mettre à profit les conseils que nous leur avons donnés concernant le trimage du modèle, la carburation approximative du moteur et la façon d'évaluer -avec le modèle au sol- la réponse des commandes, surtout celle de cyclique. Si tout se passe bien et que, suivant en cela un autre de nos conseils, ils ont demandé l'aide d'un spécialiste, leur hélicoptère sera très docile (peu de réponse aux commandes), le gyroscope étant réglé au gain maximum, de façon à pouvoir prêter le moins d'attention possible au rotor de queue.


 

Courir derrière le modèle en contrôlant sa vitesse constitue un exercice indispensable si l'on veut maîtriser le vol stationnaire.

 

Un petit rappel
J'espère que vous aurez profite de ces derniers jours pour vous entraîner, jusqu'aux limites de l'ennui (quoiqu'il soit difficile de s'ennuyer quand on essaie de faire voler un de ces appareils), à réaliser les fameux petits bonds. Il est très important de bien contrôler la commande des gaz; vous devez en être conscient dès maintenant.
Nous allons vous apprendre à élever un peu plus le modèle dans les airs. Par conséquent, rappelez-vous: il ne faut jamais couper le moteur d'un coup, sinon le modèle descendra plus vite que prévu. On coupe les gaz petit à petit. Quand vous voulez agir sur le rotor de queue, faites-le toujours par rapport au nez du modèle: pour virer à droite, on déplace le nez vers la droite et non la queue vers la gauche. Selon un dicton très juste, "derrière la cabine, il n'y a plus d'hélicoptère.

Quelques problèmes de départ
Si le modèle est trimé et réglé comme il se doit, il pourra s'élever très lentement jusqu'à 20-30 cm de hauteur sans nécessiter de correction. Si vous donnez trop de moteur, l'hélicoptère prendra davantage de hauteur, sans plus, pour autant que le pilote ne soit pas trop brusque. S'il tend à s'élever, gardez votre sang-froid et réduisez petit à petit le moteur : l'hélicoptère redescendra. En présence de vent, fût-il modéré, il sera plus difficile de contrôler la hauteur lie modèle monte et descend de lui-même). N'essayez pas d'apprendre à réaliser ces petits bonds par vent fort.
Le gros problème du débutant est qu'il se sent généralement débordé :il doit être attentif à trop de commandes à la fois. Seule la pratique -deux sessions en moyenne- lui permettra d'oublier ce sentiment désagréable. Ceux qui ont de l'expérience en matière d'avions télécommandés risquent d'avoir l'impression de ne pas parvenir à contrôler le modèle. En effet, dans le cas d'un hélicoptère, toutes les commandes nécessitent de fréquentes corrections, contrairement aux avions. Dans le fond, ce n'est pas si compliqué que cela (comme en voiture, où il faut à la fois tenir le volant et changer de vitesse).


 

Les ordres de cyclique ne doivent pas être exagérés, sinon le modèle acquerra rapidement une vitesse excessive.

 

Un petit coup de main
Pour ceux qui continueraient à éprouver des difficultés, il est possible de rendre l'apprentissage moins lourd grâce aux "entraîneurs" et, depuis quatre ans environ, au simulateur. Ce dernier, dont nous vous parlerons prochainement, permet à l'amateur de piloter le modèle sur l'écran de son ordinateur les accidents ne coûtent rien et on peut les multiplier sans remords... Je dois franchement reconnaître, après avoir essayé NHP, Aérofly… , que c'est un investissement tout à fait rentable.
Les entraîneurs réduisent les risques d'accident. Ils peuvent être très simples (une simple corde, nous y reviendrons plus tard) ou, au contraire, assez complexes des bras articulés qui laissent une certaine mobilité à l'appareil tout on maintenant celui ci à distance du sol. Personnellement, je ne les ai jamais testés (ils étaient très chers) comme la majorité des amateurs, j'ai choisi une autre forme d'apprentissage.

 

 

1) Un système de commandes souple et sans jeu contribuera à faciliter le vol et à améliorer la réponse de l'appareil.

2) Un détail dont il faut tenir compte : évitez que l'antenne se prenne dans les éléments rotatifs.

 

Construisez votre entraîneur d'hélicoptère
Deux systèmes simples et bon marché permettent de limiter les risques de casse, le plus élémentaire étant la "grille" nous nous procurons deux lattes de bois d'un centimètre d'épaisseur et d'un mètre de longueur, que nous fixons, en croix, aux patins de notre modèle avec de la corde ou des lanières. Pour perfectionner notre système, nous pouvons fixer, à l'extrémité des lattes, des balles en plastique (comme celles qui servent à s'entraîner au golf, par exemple) d'environ 4 -5 cm de diamètre. Grâce à ce dispositif, nous pourrons, dans une certaine mesure, éviter que le modèle ne se renverse lors d'atterrissages un peu violents. Nous insistons sur le fait que, malgré ces précautions, un renversement est toujours possible; alors, attention pas d'excès de confiance
Le second dispositif est encore plus simple : une latte de bois de 70-80 cm de longueur et environ cinq mètres de corde fine nous suffiront. Nous fixons la latte à la poutre de queue du modèle (en veillant a ne pas entraver la gouverne de queue) de façon à ce qu'elle dépasse la partie arrière du rotor d'environ 20 cm et nous attachons fermement a corde (d'environ 5 mètres) a l'extrémité de la latte.
À quoi sert cette corde? Si nous orientons le trim de cyclique de profondeur (avant arrière) vers l'avant, le modèle aura tendance à s'incliner vers l'avant. En attachant la corde (ou en la tenant en main) et en donnant des gaz, le modèle s'élèvera en tirant dessus; il ne pourra donc pas virer. Ce système nous permet d'oublier momentanément deux commandes ("profondeur" et "rotor de queue"), et de pouvoir nous concentrer sur le "moteur", dans la main gauche, et les 'ailerons", dans la main droite. Le travail nécessaire pour obtenir un vol stationnaire sera ainsi réduit de moitié et il est beaucoup plus facile d'apprendre à le contrôler de cette façon. Entraînez-vous avec chacune de ces commandes à une hauteur prudente (50-60 cm) jusqu'à ce que vous on maîtrisiez la technique.

Comment se libérer de la corde ?
Nous nous passerons peu a peu de l'entraîneur en donnant moins de trim vers l'avant à chaque vol. Nous nous habituerons ainsi à ce que l'hélicoptère tire moins vers l'avant et à ce que le rotor de queue puisse se déplacer plus librement. Après quelques vols, nous pourrons enlever la corde et voler uniquement avec la grille.


 

Une fois le vol stationnaire maîtrisé, nous apprendrons à marcher à côté de notre modèle.

 

Après le vol stationnaire
Si tout va bien, nous parviendrons, au terme de cette phase, à maintenir sans trop de peine le modèle on vol stationnaire, à une hauteur légèrement inférieure à un mètre. Nous devrons bien entendu être attentifs à ce que le nez du modèle pointe toujours vers l'avant. Chaque chose en son temps nous apprendrons plus tard à piloter le modèle dans une autre position.
Il vous faudra, ensuite, apprendre à déplacer le modèle. Un hélicoptère vole sur une colonne d'air très instable et presque sans frottement. Quand nous appliquerons du cyclique, le modèle se déplacera dans la direction souhaitée, mais il ne s'arrêtera que lorsque nous lui donnerons un ordre contraire au précèdent. Tant que le levier de cyclique sera orienté (par exemple) vers la droite, le modèle s'inclinera de plus en plus dans ce sens et se déplacera de plus en plus vite dans cette direction. En conséquence, quand on débute, il faut donner des ordres de cyclique brefs et légers dans un sens et remettre ensuite le levier au point neutre. Ainsi, l'hélicoptère se déplacera lentement. Pour l'arrêter, nous enverrons des ordres en sens opposé.


 

Vérification de la timonerie entre deux vols. Une précaution très utile.

 

En promenade avec l'hélicoptère
Quand nous aurons maîtrisé la quantité de commande a appliquer, nous nous exercerons jusqu'à ce que nous parvenions à déplacer le modèle à faible vitesse d'un côté à l'autre sur un peu plus d'un mètre (voire deux) et à l'arrêter. Ensuite, nous appliquerons la même méthode en ce qui concerne la commande de cyclique longitudinal (avant-arrière). Dans tous ces cas de figure, nous devons rester dos à l'appareil : nous ne sommes pas encore prêt à le diriger de côté sans risquer d'en perdre le contrôle. Rappelez-vous aussi de ne pas trop vous approcher du modèle; maintenez le à une distance de 4-5 mètres. N'oubliez pas qu'une rafale de vent peut le faire dévier sur vous, avec les risques que cela implique.
L'étape suivante consiste à conduire le modèle là ou nous le voulons : nous apprendrons à marcher avec le modèle devant nous, comme il s'agissait d'une promenade. C'est nous qui devons indiquer la direction au modèle et non l'inverse (suivre un modèle dont nous avons perdu le contrôle). L'objectif essentiel de cet exercice est de pouvoir piloter l'hélicoptère à hauteur et vitesse constantes. Au début, il est difficile de garder une vitesse constante sans devoir sans cesse donner des ordres et des contrordres ; avec la pratique, pierre angulaire en matière d'hélicoptères, nous arriverons à commander en douceur et à anticiper les réactions du modèle, qui volera ainsi en souplesse, les mouvements des commandes passant presque inaperçus.


 

1) Nous devrons toujours veiller, lors des premiers vols, à ce que la queue soit tournée vers nous. La vision latérale, ce sera pour plus tard.

2) En cas de besoin (si deux pales se chevauchent), nous réglerons la tringle correspondante.

 

Maîtrise du vol stationnaire
Le vol stationnaire ne présente qu'un seul inconvénient : pour un observateur, il semble fort ennuyeux. Cependant, les hélicoptères étant des appareils très nerveux, nombreux sont ceux qui aiment le pratiquer, attirés par le défi qu'ils représentent en terme de maîtrise. Si, par exemple, vous pensez être capable de piloter le modèle comme bon vous semble après quelques jours de pratique, vous vous trompez lourdement !
Il suffit pour s'en rendre compte, de réaliser l'exercice suivant : dessiner à la craie deux marques sur le sol (sur un parking, par exemple) à 5-6 mètres l'une de l'autre. Ce " difficile " exercice consiste simplement à poser le modèle alternativement sur l'une ou l'autre marque. Vous constaterez que piloter l'appareil est une chose mais que le faire atterrir là où vous le voulez en est une autre. Entraînez-vous et vous y arriverez.

 

 

Distance recommandée entre le modèle et le pilote : jamais moins de quatre ou cinq mètres.

 

Vol latéral
Indépendamment du fait de pouvoir diriger le modèle vers l'endroit souhaité, l'heure de vérité sonnera quand il faudra changer la " position de base " du nez, qui, jusqu'à présent, était dans notre axe, vers l'extérieur. Il s'agit, tout simplement, de parvenir à pratiquer le vol stationnaire avec l'appareil de côté. Cela n'a rien de simple, je vous l'assure : il est très facile de confondre les ordres donner. Tant que nous n'arriverons pas à nous imaginer à l'intérieur du modèle, nous aurons de gros problèmes ; de plus, quand nous arriverons à le piloter côté droit tourné vers nous, nous aurons du mal à lui faire faire un virage à 180°, pour nous trouver face à son côté gauche. Nous devrons apprendre pas à pas en commençant par un angle limité à environ 30°, et nous habituer à cette nouvelle position. Il peut parfois, lors de ces premières phases, se révéler utile de rester (ou plutôt de garder l'émetteur) tout le temps parallèle à l'axe du modèle, et cela, pour faciliter la transmission des ordres et limiter le risque de confusion. Il est généralement plus simple de piloter l'appareil de côté quand il est animé d'une certaine vitesse de translation.


 

1) Nous vérifierons régulièrement l'absence de jeu au niveau du rotor de queue. Observez le système de fixation de l'antenne : des élastiques.

2) N'essayez pas d'élever le modèle à plus d'un mètre et demi du sol tant que vous n'aurez pas acquis la pratique nécessaire. Une position comme celle-ci peut désorienter le pilote.

 

Situations critiques
Malheureusement, lors des premières phases de l'apprentissage, presque toute situation nouvelle (qui nous surprend en une fraction de seconde) peut se révéler critique. Nous devrons nous préparer une situation de vol " sûre ", c'est-à-dire dans laquelle nous nous sentirons à l'aise. Nous nous exercerons à déplacer le modèle et à le replacer dans cette situation à partir de diverses autres positions. En général, cette situation correspond à un vol stable, devant nous et légèrement de côté.
La situation la plus critique -due à une négligence ou à une panne mécanique- se présente lorsque le modèle vire et pointe le nez vers nous. Il se produit, à ce moment-là, une apparente " inversion " des gouvernes de cyclique et de rotor de queue. Dans un tel cas, il faut agir promptement sur le rotor de queue jusqu'à ce que la queue de l 'appareil nous fasse face. Ne coupez pas le moteur ; vous éviterez ainsi un mauvais atterrissage et le crash éventuel de l'appareil. Le vol stationnaire face au nez de l'appareil (vol " nosein ") est très difficile à maîtriser.
Le vol par vent fort constitue une autre difficulté. Si, dans une telle situation, nous commandons " cyclique arrière " , l'air, en se glissant sous le rotor, continuera à pousser le nez vers le haut et l'appareil risque de se renverser vers l'arrière. La bonne réaction consiste, une nouvelle fois, non à couper le moteur mais bien à faire piquer l'appareil pour qu'il retrouve sa position horizontale. Rappelez-vous : par vent fort, ne restez pas trop près de l'appareil, sauf si vous êtes déjà un as du pilotage.
Nous vous parlerons, dans un prochain article, du vol de translation.

 

Article de: www.aeromodelisme.org

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Published by puget3d
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