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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 19:53

COURS DE PILOTAGE D'HELICOPTERES
( 1ère partie )

 

Les hélicoptères télécommandés sont, selon toute vraisemblance, les modèles les plus difficiles à piloter. Les raisons en sont complexes, l'une d'entre elles étant leur manque total de stabilité intrinsèque. En fait, cela signifie simplement qu'une fois abandonnés à eux-mêmes, ces engins sont incapables de garder une position stable, ne fût-ce que quelques secondes, et cela, quel que soit l'axe de mouvement. Cette caractéristique les différencie des avions, surtout des entraîneurs un avion bien trimé (toujours dans certaines limites, bien entendu) est capable de voler un certain temps en suivant la trajectoire que nous lui avons imposée.

 

 

L'hélicoptère et tout le matériel nécessaire pour le faire voler.

 

Autres différences par rapport aux avions
Comme nous l'avons indique, un avion garde une trajectoire assez stable en cours de vol. Le pilotage est également différent : les aéromodélistes spécialisés dans le pilotage d'avions sont étonnés face à la 'quantité de travail" nécessaire pour apprendre à faire voler un hélicoptère alors que, dans le cas de l'avion, il suffit de coordonner la direction (ou les ailerons) et la profondeur, sans trop devoir solliciter le moteur ni la gouverne de queue, il faut continuellement agir sur toutes les commandes pour piloter un hélicoptère. La commande de gaz et de pas collectif, qui détermine l'altitude, et le rotor de queue ont la même importance que les deux commandes précitées.

Effet des commandes de " cyclique "
Un hélicoptère télécommandé est pilote par le biais des deux sticks que comporte l'émetteur. On tient habituellement les deux contrôles de commande de cyclique dans la main droite. Nous vous épargnons la description du fonctionnement mécanique de ces commandes car il est assez complexe; sachez qu'il a été étudié pour fonctionner de manière correcte. Quant à l'effet de ces commandes sur l'appareil, nous constaterons que lorsqu'on pousse le stick vers l'avant, le disque cyclique se déplace dans le même sens. Il accentue ainsi la poussée des pales sur la partie arrière du rotor et la diminue à l'avant. Par conséquent, le rotor s'incline vers l'avant et le modèle se déplace dans cette direction. La conclusion est la suivante si nous maintenons l'appareil en l'air (en vol stationnaire) sans agir sur la queue, celui-ci vole dans la direction appliquée à la commande de "cyclique". L'ampleur du déplacement sera proportionnelle à celle du stick.


 

1) Position correcte de la commande des gaz au démarrage : stick en bas et trim au milieu.

2) En déplaçant l'appareil et en tenant la gouverne de queue, on vérifie le bon fonctionnement du gyroscope.

 

La commande de gaz et de pas collectif
La commande de gaz et celle de pas collectif - qui détermine l'angle des pales du rotor principal - sont coordonnées. Comme nous l'avons expliqué précédemment, l'idéal est que le rotor tourne à une vitesse la plus uniforme possible. En poussant le stick de collectif vers l'avant, nous ouvrons les gaz et augmentons l'incidence des pales. Par conséquent, le rotor envoie plus d'air vers le bas, produisant une force de sustentation, et notre splendide hélicoptère aura tendance à s'élever dans les airs. Le modèle doit, idéalement, être réglé de manière à pouvoir rester en équilibre à faible altitude, avec le stick de collectif plus ou moins à mi-parcours. Si nous donnons davantage de gaz, le modèle aura tendance à s'élever, et vice versa.
Ce qui précède nous amène à relever une différence supplémentaire par rapport au pilotage d'un avion lorsque nous rencontrons des difficultés en termes de coordination, d'orientation, etc., nous coupons habituellement les gaz, ce qui a pour effet de ralentir le vol de l'avion et de nous donner le temps nécessaire pour réfléchir. Dans le cas de l'hélicoptère, surtout s'il vole à basse altitude (ce qui est normal pour s'initier au vol stationnaire), le modèle perdra sa force de sustentation si nous coupons les gaz; il risque donc d'être endommagé par la chute. Nous devrons dès lors apprendre à diminuer progressivement les gaz, à défaut de quoi nous ferons de notre fournisseur de pièces de rechange un homme heureux !


 

Vérification de la bougie. Elle doit prendre une couleur orangée quand on l'alimente.

 

Le rotor de queue
Le rotor de queue de notre hélicoptère télécommandé est chargé de contrôler le couple moteur et celui de giration sur le plan horizontal. Si le modèle est en vol stationnaire et que nous actionnons le stick du rotor de queue vers la droite, le nez du modèle virera à droite. Le passionné d'hélicoptères doit inscrire le principe suivant en lettres de feu dans sa mémoire quand nous actionnons la commande de queue, il faut regarder le NEZ de l'appareil, et non sa queue.
Le rotor de queue est très puissant il est capable de faire tourner le modèle sur lui-même deux ou trois fois par seconde. De plus, il est très sensible aux variations apportées au stick de gaz. On utilise d'ailleurs un appareil capable de contrôler ses réactions le "gyroscope". Nous évoquerons prochainement ces accessoires et leur réglage, mais l'amateur doit être informé dès le départ de leur existence et de l'aide inestimable qu'ils apportent aux pilotes, surtout aux débutants, puisqu'ils amortissent et ralentissent la réponse de la commande de queue.

 

 

Une fois correctement serrées, les pales doivent pouvoir se déplacer en offrant une certaine résistance. Attention de ne pas les monter à l'envers.

 

Réglage de l'hélicoptère
Un hélicoptère télécommandé peut être très maniable et obéir parfaitement aux commandes, mais cela implique beaucoup de travail pour le débutant et des réactions trop rapides. Nous conseillons, pour les premiers vols, de régler le modèle en réduisant les commandes au maximum. Le cyclique doit également être réduit au maximum. Sa valeur doit juste suffire au contrôle de l'appareil. Il en va de même en ce qui concerne la commande du rotor de queue, que l'on sollicite très peu au cours des premiers vols. Quant à la commande de collectif, elle doit, comme nous l'avons indiqué précédemment, être réglée de façon à ce que le modèle reste stationnaire à mi-parcours du stick (5-6°positifs). Lors des premiers vols, le pas minimum ne doit pas être négatif, mais rester proche de 0°. En effet, si le pas est négatif, l'hélicoptère s'écrasera au sol - on peut imaginer les dégâts - lorsque le débutant s'effraiera et coupera brusquement le moteur, ce qui arrive très fréquemment. Le risque est moindre lorsque le pas est neutre ou légèrement positif : la chute de l'appareil sera moins violente.

Le réglage du gyroscope devra correspondre au meilleur gain possible sans que la queue n'oscille. Le moteur doit être carburé de telle sorte qu'il fonctionne de façon régulière et qu'il soit le plus 'gras" possible, sans ratés.


 

1) Vérification de la commande de cyclique : le disque oscillant doit se déplacer dans la même direction que le stick de droite.

2) Remplissage du réservoir. Durant le vol, nous devrons veiller à ne pas tomber en panne de carburant.

 

À la recherche d'une aide qualifiée
Comment un débutant peut-il obtenir de tels réglages ? En vérité, je ne pense pas qu'il puisse y parvenir seul : il doit chercher une personne experte dans le pilotage des hélicoptères et suivre ses instructions. Pour commencer, cette personne doit absolument vérifier si le modèle est monté correctement, si les pales sont bien fixées (dans le cas contraire, on risque de graves accidents) et si les commandes de même que le gyroscope fonctionnent dans le bon sens. En fait, il serait préférable que l'instructeur mette le modèle en marche, le fasse s'élever dans les airs et vérifie que tout est en ordre, l'hélicoptère volant sans bruits bizarres ni vibrations. Mieux vaut un modèle trop docile que le contraire.


 

Lors des premiers "vols", l'hélicoptère ne doit pas s'élever à plus de 10-15 cm. Contrairement à ce que l'on peut voir sur la photo, il faut éviter de voler près d'une bordure.

 

Se faire aider pour le vol
On peut trouver une aide bon marché pour les premiers vols. La plus courante (à part l'instructeur) consiste en deux lattes d'environ 80-100 cm de long et d'un centimètre d'épaisseur, en forme de "X", fixées aux patins au moyen de sparadrap ou de bande isolante. Elles permettront d'éviter dans une certaine limite que le modèle ne se renverse. On peut, dans certains cas, utiliser des flotteurs qui rendent possible un certain déplacement latéral. Je me rappelle avoir vu dans une revue un système semblable aux lattes croisées, mais équipé aux extrémités de 4 roues, ce qui peut être d'une certaine utilité. Cela dit, je ne l'ai pas expérimenté.

Apprendre le vol stationnaire
Dans cet article, nous allons vous initier au vol stationnaire. Ce type de vol est justement ce qui différencie les hélicoptères de la toute grande majorité des aéromodèles, il consiste à maintenir l'appareil immobile dans les airs. Bien que simple en apparence, vous vous rendrez compte que cet exercice est plus périlleux qu'il n'y paraît. En fait, c'est peut-être la partie la plus compliquée de l'apprentissage et, de plus, la plus ardue à enseigner car elle se réalise très près du sol. Bien sûr, nous avons un système de double commande mais, lorsque l'élève commet une erreur, nous ne disposons que d'un très court instant pour la corriger. Alors, puisqu'il s'agit de l'étape la plus difficile, pourquoi justement commencer par là ? Pour une raison toute simple un vol d'hélicoptère commence et se termine toujours (sauf catastrophe) par une phase de vol stationnaire. C'est la seule façon d'apprendre à voler. Par ailleurs, ne vous avais-je pas annoncé que piloter un hélicoptère était une entreprise difficile ? En vol stationnaire, l'hélicoptère se trouve à environ 1 mètre du sol; dans une telle situation, il "chevauche" une colonne d'air poussée par le rotor directement contre le sol. C'est ce qu'on appelle l" 'effet de sol" : l'appareil à facilement tendance à se déplacer dans tous les sens et nous devrons continuellement apporter des corrections pour qu'il se calme. L'effet de sol disparaît à une hauteur équivalant à 1,5-2 rotors (plus grand est le diamètre du rotor, plus haut doit se trouver l'appareil) ou moins s'il y a du vent (celui-ci déplace la colonne d'air instable).

 

 

1) Au début, la queue de l'appareil doit toujours être dirigée vers nous. Nous apprendrons plus tard à piloter le modèle de côté.

2) Position correcte pour commencer : un peu sur le côté et environ 5 mètres derrière l'appareil.

 

Comment débuter ?
Il n'existe pas de méthode établie pour apprendre à piloter des hélicoptères. Je vais donc vous raconter, dans cet article et dans les suivants, ce que j'ai dû endurer, d'abord comme apprenti, ensuite comme instructeur, ainsi que les problèmes majeurs qui se posent.
L'objectif premier est simple il s'agit d'arriver à élever l'appareil à 10-20 cm tout au plus et durant quelques secondes (trois ou quatre) sans le casser. A cette hauteur, même si nous coupons les gaz comme des idiots (c'est ce qui arrive le plus souvent, au début), il y a peu de chance que nous cassions l'appareil. L'endroit choisi sera de préférence lisse, de béton ou d'asphalte, pour qu'il puisse glisser dans toutes les directions, assez dégagé et sans personne aux alentours. Un parking fera l'affaire. Placez l'appareil, moteur en marche, à trois ou quatre mètres de distance, un peu de côté et la queue vers vous. S'il est bien réglé, le moteur doit tourner, mais pas les pales.
Ouvrez les gaz progressivement, jusqu'à ce que le rotor commence à tourner et prenne assez de vitesse. A ce moment là, la sustentation sera presque nulle et l'appareil ne voudra pas décoller.
Vérifiez la réponse aux commandes, surtout celles du cyclique déplacez la manette sur les côtes et observez comme le rotor s'incline dans la bonne direction. Si nous donnons trop de commande, il se peut que le patin opposé tende à s'élever. Attention évitez qu'il ne le fasse et que le rotor aille heurter le sol.
Essayez dans toutes les directions. Testez aussi la réponse du rotor de queue et observez le changement de pas des pales. En aucun cas ne vous approchez pas trop prés des pales principales en mouvement; elles pourraient sérieusement vous blesser.


 

Avant d'élever l'appareil, on peut vérifier la réponse à la commande de cyclique : sur la photo, effet de commande à droite. 

Attention : l'appareil risque de se renverser avant même d'avoir quitté la terre ferme.

 

Élever l'appareil
Après ces essais (ils vous serviront à vérifier que tout fonctionne comme nous vous l'avons expliqué), le grand moment est arrivé.
Continuez à donner des gaz et, peu à peu, si l'appareil est réglé selon nos instructions, il devra s'élever, stick à mi-parcours. N'augmentez pas les gaz. Il est possible qu'il ait tendance à se déplacer d'un côté ou de l'autre. Coupez les gaz en douceur pour poser l'appareil et répétez la même opération deux ou trois fois. Si l'appareil se déplace toujours du même côté, corrigez au moyen du trim correspondant. Si, en s'élevant, le modèle vire, trimez le rotor de queue.
À ce stade, il vous faut élever l'appareil à quelques centimètres et corriger ses déplacements par des actions courtes sur le stick de cyclique, en essayant de le maintenir en place. Au début, cela parait impossible, mais en quelques minutes, nous serons capables de corriger plusieurs fois la trajectoire de notre hélicoptère. Si nous ne l'élevons pas à plus de 5-10 cm, il sera difficile de le casser (sauf en cas de tonneau, évidemment).
Continuez à pratiquer dans un endroit dégagé et avec un peu d'habileté, vous parviendrez à maintenir l'appareil en l'air durant 5 à 10 secondes avant de devoir atterrir.
Dans le prochain "épisode" de notre cours, nous commencerons à corriger certains défauts et à résoudre d'autres problèmes.

 

à suivre...

 

Article de: www.aeromodelisme.org

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Published by puget3d
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