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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 15:34

FIGURES ACROBATIQUES ELEMENTAIRES

 

Poursuivons notre série d'articles consacrés à l'apprentissage du vol radiocommandé. Aujourd'hui, nous allons vous entretenir d'une discipline qui fera les délices de plus d'un amateur : l'acrobatie.
Dans les articles précédents, nous avions laissé notre pilote imaginaire après qu'il eut effectué son premier décollage et son premier atterrissage. À ce stade, il est normal d'avoir acquis la dextérité nécessaire pour pouvoir déplacer le modèle en un point déterminé du ciel, le faire voler à l'altitude et à la vitesse souhaitées; de plus, pratiquement aucune position ou attitude du modèle ne doit pouvoir nous désorienter. De toutes façons, le pilote d'aéromodèles qui essaie de s'initier à l'acrobatie doit savoir que la pratique continue est fondamentale; il faut voler le plus souvent possible (même par vent fort ou quand les conditions ne sont pas idéales) et compter un maximum d' ''heures de vol". Rien ne pourra remplacer la pratique: ni un cours, ni un professeur.


 

Comme vous le voyez, sur le terrain, les avions acrobatiques n'ont rien d'extraordinaire...

 

Matériel nécessaire
Pour s'initier à l'acrobatie radiocommandée, il n'est pas nécessaire de disposer d'un matériel spécifique. De fait, un bon entraîneur de base bien construit (de préférence équipé d'ailerons) fera l'affaire pour commencer. Je dirais même plus : avec un entraîneur à "deux axes" (sans ailerons), on peut quasiment tout faire, mais plus difficilement qu'avec un modèle plus perfectionné.
Imaginons donc que nous disposons d'un entraîneur à ailerons en bon état. Il convient d'effectuer une révision minutieuse avant de commencer à faire des cabrioles, car il est plus que probable que nous le soumettions à des efforts beaucoup plus importants que de coutume. Il est prudent de vérifier en particulier que tous les éléments du système de radiocommande sont correctement fixés, de sorte qu'ils ne puissent bouger, quelle que soit la position de l'appareil; si les ailes sont fixées par des élastiques, il convient d'en ajouter l'un ou l'autre, sinon nous courons le risque de perdre l'aile en vol ou de la voir se retourner (j'en ai fais l'expérience). Dans les deux cas, le résultat peut se révéler catastrophique. Les commandes doivent pouvoir se mouvoir en douceur tout au long de leur débattement.

 

 

1) Bien que ce soit parfois assez difficile, il est possible de faire de la voltige avec des appareils d'apparence tranquille, comme ce Piper. L'ombre nous prouve que la photo est à l'endroit.

2) Avant toute voltige, il faut vérifier la bonne installation du circuit d'alimentation en carburant.

 

Moteur et réservoir
Parlons maintenant du moteur et du réservoir. Le moteur doit être correctement carburé; dans le cas contraire (surtout si nous avons exagérément fermé le pointeau, à la recherche de quelques tours supplémentaires), il calera, et sûrement au moment le moins indiqué. Avant de faire décoller l'appareil, il convient de vérifier que le moteur ne s'arrête pas ou n'a pas tendance à perdre des tours après que vous l'ayez maintenu verticalement, museau vers le haut et à pleine puissance, pendant 5-10 secondes. Le cas échéant, nous ouvrirons un peu le pointeau et nous connecterons au réservoir une prise de pression en suivant les instructions du fabricant. La prise de pression du réservoir doit pouvoir se déplacer librement dans toutes les positions.


 

Le vol inversé est bien plus aisé avec cet acrobatique qu'avec la maquette précédente. Avec de la pratique, ce genre d'exercice ne pose aucun problème. Commencez à altitude respectable.

 

Le " looping "
Les programmes de voltige se composent tous d'une courte série de figures élémentaires ou d'une combinaison de celles-ci: le looping, le tonneau, "la chute de l'aile", la vrille et le vol inversé, la figure la plus connue étant le "looping". Soulignons que le looping est très facile à réaliser et nous encouragerions pratiquement n'importe quel débutant qui ne sache pas encore atterrir ou décoller à s'y essayer, à condition toutefois qu'il soit capable de maîtriser son appareil. La manoeuvre en soi est des plus simples (l'exécuter à la perfection est une autre paire de manches) : comme dans la plupart des cas, nous laissons le modèle atteindre une hauteur suffisante (lors de notre premier essai, il est quasi inévitable que nous le fassions à très haute altitude) vent dessous. Nous ouvrons les gaz à fond et laissons l'avion prendre de la vitesse en léger piqué. Au moment où il passe pratiquement devant nous et se trouve face au vent, nous tirons sur la profondeur en douceur sans réduire les gaz : le modèle montera d'abord à la verticale et réalisera ensuite le looping. Durant cette phase de l'apprentissage, nous nous limiterons à essayer de faire sortir le modèle en vol horizontal, en évitant qu'il ne reste "suspendu" après le looping.
Presque tous les modèles, même les entraîneurs les plus simples, peuvent exécuter un looping correctement. Il est pratiquement impossible, si nous l'amorçons à bonne altitude et avec un minimum de vitesse, que nous rencontrions le moindre problème; si nous ne sommes pas bien face au vent ou si le modèle n'est pas correctement équilibré (une aile plus lourde que l'autre), l'appareil sortira incliné vers l'aile la plus lourde. Quand nous aurons assez de pratique, nous pourrons améliorer la technique et exécuter des loopings enchaînés et/ou à vitesse constante; pour ce faire, nous devrons réduire progressivement les gaz quand le modèle passera en inversé et les ouvrir à nouveau en fin de looping.

 

 

Les modèles les mieux adaptés à la voltige sont de dimensions moyennes et au profil symétrique. 

Les modèles légers sont plus "permissifs".

 

Tonneau
Après le looping, le tonneau est la figure acrobatique la plus courante. Il s'agit d'imprimer à l'appareil une rotation de 360° autour de son axe longitudinal. Bien qu'il soit possible d'effectuer un tonneau avec un avion dépourvu d'ailerons (en utilisant la gouverne de direction), la manoeuvre est beaucoup plus facile à exécuter s'il en est doté.
Pour réaliser notre premier tonneau, nous devrons procéder comme suit: en premier lieu, placer le modèle à altitude respectable (comme disent les pilotes, "la hauteur, c'est de l'argent en banque", c'est-à-dire, un gage de sécurité). Certains prétendent qu'il est plus facile de faire des tonneaux avec le vent en poupe que vent de face; personnellement, j'en doute; ce qui est sûr, c'est que l'une et l'autre de ces positions valent mieux qu'un vent de côté. Plaçons le modèle face au vent et ouvrons les gaz pour prendre de la vitesse. Pour notre premier essai, une fois que nous aurons atteint une vitesse suffisante, nous appliquerons un tout petit peu de profondeur "vers le haut" pour que l'appareil monte légèrement. Ensuite, nous appliquerons des ailerons à fond d'un côté. Le modèle pivotera et terminera le tonneau. Une fois le modèle à nouveau en vol horizontal, nous remettrons les ailerons au neutre et poursuivrons le vol.
C'est la façon la plus simple et la plus "brute" d'exécuter un tonneau. Les problèmes qui peuvent surgir sont rares; le plus courant étant que le modèle finisse le tonneau en piqué ou avec un angle de descente trop prononcé. La solution consiste à commencer le tonneau avec un plus grand angle de montée, du moins jusqu'a l'étape suivante qui consistera à effectuer un tonneau plus "élaboré". Ce dernier se différencie du précédent par une plus grande lenteur. Nous devrons donc corriger la tendance qu'aura l'appareil à perdre de l'altitude. En résumé, disons que la technique permettant de réussir cette figure consiste à appliquer moins d'ailerons, afin de réduire la vitesse de rotation, tout en appliquant une certaine quantité de profondeur vers le bas lors de la phase de vol inversé. Avec assez de pratique, nous parviendrons à maintenir le nez du modèle droit; et une fois la technique maîtrisée, il vous sera relativement simple de réussir plusieurs tonneaux enchaînés sans perdre d'altitude.

 

 

1) Un Sukhoi de grand format en vol tranche : réservé aux experts.

2) Avant de se lancer dans les figures de voltige, il faudra vérifier le nombre et l'état des élastiques.

 

'' Chute de l'aile ''
Cette manoeuvre semble simple de prime abord; cependant, elle est difficile à exécuter correctement (beaucoup plus que les loopings ou tonneaux) surtout avec un entraîneur à aile haute. Elle consiste à faire monter le modèle à la verticale et à couper le moteur; au moment où l'appareil cesse son ascension, on le fait pivoter autour de la pointe de l'aile et on le laisse redescendre par le même chemin qu'à la montée.
Pour réaliser cette figure, nous prenons de la vitesse à l'horizontale à une hauteur moyenne, vent arrière ou de face. Nous tirons sur la profondeur en douceur jusqu'à ce que le modèle monte à la verticale et nous coupons alors le moteur. Le truc consiste à savoir avec exactitude quand il faut agir sur la gouverne de direction pour faire pivoter l'appareil; certains obtiennent de bons résultats en appliquant à ce moment-là un tout petit peu de gaz. Le courant d'air provenant de l'hélice "souffle" alors sur le gouvernail et facilite le virage. Si tout se passe bien, le modèle pivote en douceur; au moment où il se trouve à la verticale, tête en bas, nous remettons la gouverne de direction au neutre, nous ouvrons doucement les gaz et remettons l'appareil en vol horizontal. L'erreur la plus fréquente est de trop attendre; le modèle s'arrête alors complètement et "tombe" sur le dos, rendant la figure méconnaissable. C'est une figure qui nécessite beaucoup de pratique avant que l'on obtienne de bons résultats.

 

 

Les planeurs équipés d'un moteur puissant sont capables de réussir toutes les figures de base, et à des vitesses plus que respectables.

 

Vol Inversé
Figure spectaculaire où l'on fait pivoter l'avion de 180° et où l'on continue le vol tête en bas. Pour pouvoir voler en inversé, il faut tout d'abord faire pivoter le modèle au moyen d'un demi-looping ou d'un demi-tonneau; je pense, personnellement, qu'il est plus simple d'exécuter un demi-looping. Une fois le modèle en inversé, il s'agit tout simplement de le maintenir dans cette position et de lui faire suivre la trajectoire souhaitée.
Avec un entraîneur aile haute à ailerons et au profil légèrement asymétrique (c'est-à-dire n'importe quel profil qui ne soit pas plan-convexe), et un certain degré de persévérance, il est possible de voler en inversé indéfiniment. Si le modèle est un peu plus élaboré (un acrobatique ou un modèle d'initiation à la voltige), il est possible d'exécuter en vol inversé les mêmes figures qu'en vol normal.
Quand un avion radiocommandé vole en inversé, il est normal de "piquer" plus ou moins pour maintenir l'altitude; la quantité de commande de profondeur qu'il faut appliquer dépend du type d'avion : beaucoup (à fond, même) avec un entraîneur à profil plan-convexe et très peu, s'il s'agit d'un acrobatique au profil symétrique. Dans tous les cas, la commande de profondeur est "inversée" (il faut piquer pour gagner de l'altitude et vice versa). Bien entendu, la commande de direction fonctionne, elle aussi, à l'envers; les ailerons et le moteur fonctionnent comme normalement.
Lors de nos premiers essais en vol à '' l'envers ", nous devrons garder une hauteur suffisante pour pouvoir sortir de l'inversé en faisant un demi-looping. Au début, il sera difficile de maintenir l'appareil sur une trajectoire rectiligne sans perdre d'altitude; de toutes façons, plus l'entraîneur est élémentaire, plus il aura tendance à sortir seul de l'inversé; les bons acrobatiques se maintiennent en inversé presque sans efforts. Les virages, au début, paraissent un peu "désagréables", surtout pour les ailes hautes, et se négocient avec ailerons et profondeur (en piquant, bien sûr). Après quelques essais, vous verrez que l'inversion apparente des commandes ne vous surprendra plus et, avec un peu d'effort, vous finirez par voler à l'envers avec la même aisance qu'à l'endroit.

 

 

1) Les profils avec bords d'attaque arrondis ont généralement de bonnes aptitudes acrobatiques.

2) Rien de plus beau qu'un biplan en train d'exécuter une figure de voltige.

 

Conclusion
L'acrobatie aérienne radiocommandée est une expérience enrichissante. De fait, la plupart des aéromodélistes finissent par s'adonner à la voltige pour le simple plaisir de pouvoir parfaitement contrôler leur avion. Certains d'entre nous se limitent à effectuer toute une série de cabrioles dans le seul but de s'amuser; d'autres sont tentés par la compétition et exécutent les figures acrobatiques, avec la discipline que cela suppose, que leur impose le règlement de la FAI. De toutes façons, pour devenir un bon pilote acrobatique, il n'y a de secret que l'entraînement et la persévérance: effectuer les figures par temps calme ou venteux, par beau temps ou par temps nuageux, par vent fort ou avec rafales, etc. Même avec un simple entraîneur de base, il est possible d'exécuter une multitude de figures et de bien s'amuser. N'hésitez pas et commencez, dès votre prochain vol, à "dessiner dans le ciel" : vous verrez, vous passerez de bons moments!

 

 

Ultimes vérifications avant le décollage. En fait, mieux eût valu les faire avant...

 

Article de: www.aéromodélisme.org

 

   

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Published by puget3d
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commentaires

lasabatie 05/11/2013 20:39

merci des conseils pratiques et pas trop théoriques pour un novice en voltige.

puget aéro 06/11/2013 18:05



De rien, cela fait plaisir de partager des connaissances avec les autres.


Modélistement.