Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 13:44

REGLER UN HELICOPTERE ACROBATIQUE

 

Les hélicoptères radiocommandés sont des appareils capables de réaliser certaines manoeuvres inimaginables il y a un peu plus de dix ans: il leur est possible d'exécuter les mêmes figures qu'un voltigeur (à l'exception du vol tranche)...et, en plus, de face, de côté ou en marche arrière. Il suffit d'observer un mordu expérimenté en train de faire les quatre cents coups avec son modèle pour que les "humbles" mortels que nous sommes se posent une série de questions sur la façon de régler le modèle pour atteindre (ou essayer d'atteindre) de tels résultats.

 

 

L'un des écrans de réglage d'un émetteur haut de gamme. Il est possible de configurer jusqu'à quatre ou cinq "types de vol" pour chaque hélicoptère.

 

Que signifie '' régler '' un hélicoptère ?
Tout comme pour les aéromodèles à aile fixe, les commandes d'un hélicoptère peuvent être réglées de différentes façons, selon la réponse souhaitée. Cependant, contrairement aux avions, il y a d'autres éléments à régler que les débattements des commandes, le neutre et l'exponentiel.
Une fois établie l'incidence du moteur sur un aéromodèle correctement construit et centré (autrement dit, avec le centre de gravite en position idéale, deux demi-ailes de même poids et tenant compte du moteur), la seule modification qu'il nous est encore possible d'apporter concerne la réponse des commandes par le biais du débattement des servos des différentes surfaces mobiles (nous ne parlons pas des modèles F3A et de certains réglages fins). Dans le cas des hélicoptères, au contraire, il est possible de modifier fortement le comportement du modèle en changeant, par exemple, la longueur de la barre stabilisatrice, le type de pales du rotor principal, le mélange Bell-Hiller, la dimension et le poids des ailettes de contrôle de la barre stabilisatrice, ainsi que de nombreux autres paramètres. Sans parler des réglages radio. Arme à double tranchant, car, d'une part, elle nous permet, avec un même hélicoptère, de réaliser un vol stationnaire tranquille et d'apprendre ou de faire de l'acrobatie d'un certain niveau, et. d'autre part, elle nous oblige à acquérir une certaine connaissance en la matière.

 

Parlons électronique
Tout au long des articles sur ce site, nous avons défendu l'idée selon laquelle, avec une radio élémentaire à quatre canaux (ou cinq dans le cas d'un hélicoptère), il est possible de faire "presque tout". Nous persistons et signons..., à condition d'exclure de ce "presque tout" le pilotage d'hélicoptère acrobatique. À moins d'être très adroit de ses mains, un hélicoptère bien réglé pour ce genre de discipline nécessite une radio d'un certain niveau. Cela ne doit pas nécessairement être une "haut de gamme", mais les choses sont beaucoup plus simples avec une radio de moyenne haute gamme avec processeur et affichage numérique.
L'acrobatie soumet le modèle et les servos à des contraintes particulièrement fortes. Il sera utile de vérifier la qualité de ces derniers. En cas de doute, mieux vaut les remplacer par d'autres d'au moins trois kilos de couple et, si possible, avec roulement à billes sur l'axe de sortie. Leur longévité en sera d'autant plus grande. Un autre point à réviser est la batterie: tout comme les servos, elle sera soumise à des décharges plus importantes que de coutume; il faudra donc vérifier si sa capacité est suffisante (un minimum de 1000 mAh avec un rythme de décharge d'au moins un ampère) et, en cas de besoin, lui imposer plusieurs cycles de recharge.
Lorsque le modèle exécute une pirouette, les positions normales de ses composants peuvent changer radicalement. Dans le cas d'un aéromodèle, ceci a peu d'importance; par contre, un hélicoptère comporte un élément qui risque d'être sérieusement endommagé. c'est le câble de l'antenne, qui pend généralement à l'extérieur et qui, dans des circonstances déterminées, peut être pris dans le rotor ou dans l'une des parties mobiles du modèle. Sa coupure diminuerait dramatiquement la portée de la radio, avec, pour conséquence, la perte de contrôle du modèle. Vérifiez qu'il est bien attaché.

 

 

1) Un hélicoptère admet différents réglages selon les nombreuses modalités de vol. Sur la photo, un hélicoptère prêt pour un vol 3D.

2) Sur cet émetteur, on peut programmer jusqu'à sept points sur chaque courbe de pas ou de moteur.

 

Réglage des débattements des servos de cyclique
Partons, dès maintenant, du principe que l'amateur désireux de réaliser des vols acrobatiques est à même de piloter en stationnaire et en vol de translation sans problèmes, et que son modèle est réglé en conséquence. Pour le stationnaire, et en général pour apprendre à piloter des hélicoptères, l'objectif des réglages est de disposer d'un appareil docile. les débattements des servos (surtout de cyclique et de rotor de queue) sont réglés au minimum pour une bonne maniabilité. Pour faire de l'acrobatie, nous devrons augmenter ces débattements. Mieux vaut mettre les débattements de ATV (la limitation électronique de l'émetteur) à 100% et augmenter de façon mécanique les débattement des tringles en utilisant un bras de servo plus long. Le réglage final peut se faire via l' émetteur. Dans le livret d'instructions de l'hélicoptère, vous trouverez des indications à ce sujet. Chaque modèle requiert des débattement déterminés, c'est pourquoi nous ne pouvons pas donner de chiffres exacts. de toutes façons, et à titre indicatif, nous devrons augmenter les débattements de 50% au minimum par rapport à ceux nécessaires pour le vol stationnaire. Si le modèle se comporte "nerveusement", nous utiliserons les réducteurs de commande de l'émetteur. En général, pour obtenir une commande équilibrée, nous aurons besoin de plus de commande d"'ailerons" que de "profondeur" (20-30% de plus).
Nous attirons votre attention sur un point très important concernant le réglage des débattements de la commande de cyclique: avant de mettre le modèle en route, vérifiez une fois les commandes à fond et au maximum de leur débattement qu'aucune tringle ne grippe ou ne force. non seulement cette commande manquera de finesse, mais, de plus, les servos risquent d'en souffrir, la consommation de batterie augmentera de façon impressionnante et, pire encore, une tringle risque de lâcher en plein vol. Pour éviter de tels risques, nous appliquerons le cyclique à fond et ferons tourner le rotor principal manuellement: il ne doit opposer aucune résistance. Répétez la manoeuvre avec le collectif tout en haut et tout en bas.


 

1) Grâce aux potentiomètres de réglage, il est possible d'apporter de petites corrections aux paramètres programmés.

2) L'objectif du réglage en acrobatie est de maintenir le rotor à haut régime sur toute la gamme de pas.

 

Rotor de queue et gyroscope
Il est également nécessaire d'augmenter le débattement commande du rotor de queue, surtout si nous désirons réaliser des "chutes de queue" avec virage à 540°, ou des pirouettes en stationnaire. En général, il faut augmenter la commande de 20% : ce qui est suffisant pour pouvoir réaliser avec aisance des virages dans les deux sens sans que le pilotage n'en devienne inconfortable, par excès de nervosité du modèle. Il faut réduire le gain du gyroscope, pour que les virages puissent s'effectuer avec moins de résistance; de toutes façons, lorsque nous volons en translation, le modèle nécessite moins de gyroscope (nous parlons d'acrobatie normale et non de haute voltige).
La compensation du rotor de queue mérite une petite parenthèse. En vol "normal", la compensation de queue (anti-couple) est en général linéaire: la commande de queue varie dans un seul sens quand nous coupons progressivement le moteur et le pas. Lorsque nous modifierons les courbes de pas moteur, comme nous le verrons dans les pages suivantes, nous devrons régler l'anti-couple de façon indépendante, pour le vol acrobatique; si nous ne le faisons pas, le modèle aura tendance - lors d'un looping à faible vitesse - à faire des pirouettes quand nous serons dans la partie haute du looping, ce qui nous donnera sans aucun doute quelques sueurs froides.

 

 

1) Courbe de moteur pour acrobatie. Observez sa forme en " J " qui indique que le moteur reprend de la puissance quand on applique du pas négatif.

2) Menu de correction d'anti-couple d'un émetteur. Réglage indépendant pour stationnaire au-dessus ou en-dessous.

 

Réglage du collectif
Pour l'apprentissage, nous vous avions recommandé, dans un article précédent, de mettre le stationnaire {environ 4 -5°) à mi levier, d'appliquer tout le pas positif admis par le moteur à plein gaz sans perte de régime (environ 8-9° selon les modèles et les moteurs) et un pas minimum de + 1°. Avec ce pas minimum, même si nous coupons les gaz brusquement, le modèle descendra en douceur. Pour le vol en translation, mieux vaut disposer de suffisamment de pas négatif pour pouvoir descendre sans problème depuis la translation (environ - 2°).
Pour le vol acrobatique normal (loopings et tonneaux), il faudra disposer d'une courbe de pas quelque peu différente. L'objectif consiste à obtenir un régime rotor un peu plus élevé que de coutume sur toute la course du levier de collectif. Diminuons d'un peu le stationnaire (un demi-degré, plus ou moins) et d'un degré le pas maximum. Quant au pas minimum, nous mettrons suffisamment de négatif pour que, quand l'appareil est sur le dos (à mi-looping ou mi-tonneau), le rotor produise la sustentation nécessaire pour le faire monter. En général, on applique 4-5 degrés de pas négatif.
Pour l'autorotation, la courbe de pas est un tant soit peu différente: en actionnant l'interrupteur d'autorotation, qui laisse le moteur au ralenti, nous devrons disposer de suffisamment de pas négatif pour descendre aisément et sans perdre de tours rotor. Ici, il nous est difficile de donner des chiffres, mais -5° est un bon point de départ. Si nous appliquons moins, le modèle descendra plus lentement et inversement. Quant au maximum, certains conseillent de mettre le plus possible de positif, jusqu'à + 1112"; personnellement, +9° me suffit largement, mais les opinions divergent. Il est possible qu'avec des pales de rotor plus lourdes, une augmentation de pas positif se justifie davantage.

 

 

Le vol acrobatique requiert un pas négatif (et de la sustentation) suffisant pour pouvoir maintenir le modèle en vol inversé sans qu'il ne perde d'altitude.

 

Réglage du moteur
Après le réglage des courbes de pas pour les différentes modalités de vol, le point crucial consiste à régler le moteur. Nous supposons que le modèle est bien carburé, qu'il ne surchauffe pas lorsque le pas collectif est à fond et qu'il maintient un ralenti stable, même après plusieurs minutes de vol en translation. N'essayez pas d'exécuter des figures acrobatiques avec un moteur qui ne présente pas ces caractéristiques, car il risque de caler au moment le moins opportun et les conséquences en seraient désastreuses.
Le réglage de l'autorotation est évident: le moteur doit garder un régime de ralenti stable (il est important qu'il soit stable et qu'il ne s'arrête pas) lorsqu'on actionne l'interrupteur. Si cette possibilité existe, l'embrayage doit s'ouvrir (on s'en rend compte au rotor de queue: il est arrêté, sauf si notre appareil est équipé d'une autorotation engrenée au rotor de queue, ce qui ne concerne que les appareils de haut de gamme).
Lorsque l'on désactive l'interrupteur, le moteur ne doit pas caler , mais bien accélérer sans la moindre raté.
Pour la courbe de pas acrobatique, nous devrons régler le moteur de façon à ce que le rotor se maintienne à haut régime.
Il faudra ouvrir un peu plus de carburateur en stationnaire pour compenser la petite diminution du pas. A haut régime, nous remarquerons que le moteur tourne avec plus d'entrain (ne le poussons pas trop).
Régler le moteur avec le pas négatif constitue l'opération la plus compliquée. Si notre radio est de type programmable, nous activerons la position acrobatique et diminuerons le pas jusqu'au minimum. Ensuite nous donnerons du moteur dans la courbe spécifique jusqu'à ce que le rotor prenne des tours ; avec -5°, nous devrons ouvrir le moteur tout comme en stationnaire. Ne pas oublier de régler le point de moteur à 0° (d'habitude, il est à 1/4 de stick) de façon à ce que le moteur ne prenne pas trop de vitesse. La courbe revêt l'aspect d'un ' 'J ''.

 

 

1) Pour maintenir le modèle dans cette position, il faut appliquer un pas minimum d'au moins -5 deg.

2) Les valeurs données pour le pas et le moteur ne sont pas valables pour le vol 3D. Le modèle de la photo exécute un looping extérieur (voir fumée).

 

D'autres réglages
Si notre radio nous offre cette possibilité, nous pourrons appliquer de l'exponentiel aux commandes de cyclique : nous pourrons ainsi appliquer beaucoup de commande, tout en disposant d'un appareil docile lorsque le stick sera proche de sa position centrale. Parfois, il est possible d'appliquer du ''dual rate'' à chaque position de vol ; dans ce cas, en sélectionnant la position ''acrobatie'' , nous donnerons à l'appareil plus de commande qu'en stationnaire.
Les possibilités de réglage ''fin'' sont illimitées. Dans mon cas, au lieu de mélanger pas et rotor de queue pour obtenir l'effet anti-couple, je dispose, en position acrobatique d'un mélangeur supplémentaire qui mélange moteur et rotor de queue ; les variations de la courbe moteur se traduisent immédiatement en correction anti-couple. Il est aussi possible de mélanger rotor et sensibilité du gyroscope (plus nous appliquons de rotor de queue, moins le gyroscope est sensible).
Il faudra épuiser toutes les possibilités, l'une après l'autre, pour trouver la combinaison idéale.

 

 

Lorsque l'on augmente les débattements de la commande, il faut bien vérifier que le rotor tourne sans blocages dans toutes les positions.

 

Article de: www.aeromodelisme.org

Partager cet article

Repost 0
Published by puget3d
commenter cet article

commentaires